L’occasion de dire à la clientèle de Magog-Orford qu’on a compris

Enfin, un véritable gestionnaire de station de ski pour le Mont-Orford !

jeudi 15 juillet 2010 par Hubert Simard
Le journal Le Devoir a publié intégralement ce texte le samedi 24 juillet sous le titre Enfin, une bouffée d’air pour le mont Orford !.

La Tribune a publié une version condensée du texte dans la section Opinions du journal de fin de semaine du 24 juillet.

L’article a également été publié dans la version en ligne du Reflet-du-Lac, mais le système a tronqué la moitié du texte. Malgré une demande, le problème n’a pas été corrigé.

On ne l’attendait plus. Personne ne croyait qu’il existe encore des gestionnaires de centres de ski dans le secteur privé qui placent le commerce du ski au centre de leurs affaires au lieu de la construction de condos. Voilà une belle occasion de revaloriser l’image de la région Magog-Orford.

Il est encore trop tôt pour célébrer la relance de la station de ski du Mont-Orford. Québec se donne jusqu’au mois de septembre pour évaluer la soumission et signer un bail à condition que l’entente respecte les conditions de l’appel d’offres.

Par contre, on peut saisir une opportunité unique de réviser les idées préconçues que la région entretient sur ce dossier. Les forces vives de Magog-Orford se sont divisées sur la question du développement immobilier à l’intérieur du parc national du Mont-Orford.

Robert Sudermann est un entrepreneur qui se dit prêt à s’engager pour une période de 5 ans et à déposer une garantie de 4 M$ pour respecter les conditions de l’appel d’offres. Il se distingue en s’affirmant à l’aise avec l’idée de travailler dans le cadre administratif d’un parc. Il ne fait pas dans le plus vert que vert. C’est un passionné du ski qui a déjà gagné le championnat canadien des maîtres.

C’est tout le contraire d’un entrepreneur comme André L’Espérance qui voyait son profit dans le développement immobilier. « On ne mélange pas les affaires et le plaisir », aurait-il répondu à une personne qui lui demandait s’il était heureux d’oeuvrer sur cette belle montagne. Comme gestionnaire de Ski Mont-Orford, il aura tout fait pour ancrer l’idée que la survie de la station de ski n’était possible qu’en la subordonnant au développement immobilier.

Sudermann n’est pas un idéologue. Il ne sort pas un lapin de son chapeau du genre Osmose Orford. Il est respecté dans le milieu et il a démontré son savoir-faire sur trois stations de ski, dont deux sont localisées à l’intérieur de parcs fédéraux. Camp Fortune est situé à l’intérieur du parc de la Gatineau, le parc de conservation de la capitale canadienne. Le Mt. Norquay est situé à l’intérieur du parc national de Banff, un site du patrimoine mondial de l’Unesco. Difficile de trouver de meilleures références.

À Banff on ne fait pas la promotion sur les condos ski in/ski out, on fait la promotion de la conservation du milieu naturel et de l’absence de condos dans le paysage naturel. Les responsables du marketing ont même enregistré le slogan Canada’s Protected Playground TM.

« Expérimenter le vrai c’est être dans un endroit bien particulier où les montagnes prévalent sur les condos à un million de dollars. C’est un endroit où l’on accueille le vrai monde comme des stars et où les stars sont accueillies comme le vrai monde ! »

C’est l’occasion pour la région de sortir de l’ornière dans laquelle elle s’est enfermée depuis la création du parc en 1938. Les installations touristiques traditionnelles perdent de leur valeur avec le temps tandis que les parcs nationaux ne peuvent qu’en gagner tout en ajoutant de la valeur à l’ensemble de la région.

Les élites économiques de la région et les élus se sont enfermés dans une vision de solution par le développement immobilier à l’intérieur du modèle dominant de développement récréotouristique. Ils n’ont pas entendu le message de la clientèle de la région qui a dû se mobiliser et manifester pour livrer son message. C’est la différence qui fait la valeur de Magog-Orford et qui donne de la valeur à l’ensemble de la région des Cantons-de-l’Est.

L’occasion de prendre le virage est trop belle pour la laisser passer. Sudermann et la région se donnent comme priorité de changer les perceptions négatives à l’égard de Magog-Orford. Le gouvernement a compris. Le seul soumissionnaire a à la fois l’expérience et la volonté de travailler dans un environnement de parc national.

N’est-ce pas le meilleur moment pour la Chambre de commerce et d’industrie de Magog-Orford, Tourisme Cantons de l’Est, la MRC de Memphrémagog, le CLD de Memphrémagog, les municipalités d’Eastman, de Magog et du Canton d’Orford de s’adresser à sa clientèle de villégiature et de tourisme avec le message qu’elle veut entendre ?

« Nous avons compris. Notre région est différente et c’est cette différence qui vous attire dans la région Magog-Orford. Dorénavant, nous valorisons cette différence. »


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