Relance du Mont-Orford ou du projet immobilier Vertendre ?

Le tandem Vertendre - SODEM remporte l’appel de candidatures pour le Mont-Orford

mardi 5 avril 2011 par Hubert Simard

Nouveau chapitre de la saga du Mont-Orford

Tel qu’anticipé, la candidature du tandem Le Vertendre/Gestion Soroma a été retenue dans le cadre de l’appel de dernier recours lancé par la MRC lancé le 19 janvier 2011.

La surprise porte sur le rejet des deux autres candidatures, celle de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford et de Camp Fortune de Robert Suderman qui voit sa proposition rejetée pour une deuxième fois.

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Communiqué MRC

En effet, la MRC prévoyait retenir une deuxième proposition dans le cas où les négociations avec le premier candidat retenu ne conduiraient pas à un accord sur « la convention unanime des actionnaires ». Cet accord devra se réaliser avant la fin du mois de mai pour répondre aux exigences de la Loi 90 du gouvernement du Québec.

Il semble que les deux candidatures rejetées ne rencontraient pas la condition de base sur le versement du montant de 1,5 M $ exigé en capital-actions.

La MRC devra s’expliquer de ces rejets, d’autant plus que cette situation place la MRC dans une situation de faiblesse pour négocier avec Le Vertendre/Gestion Soroma.

Il faudra surveiller de près ces négociations. Il y a le risque que le projet de relance du Mont-Orford se transforme en projet de relance du projet immobilier de Vertendre.

En principe on doit se réjouir du fait qu’un nouvel exploitant soit prêt à investir dans la relance de la station touristique. Cependant, le fait que l’intérêt principal de cet investisseur réside dans un développement immobilier en périphérie du Mont-Orford soulève un potentiel de conflits d’intérêts.

Le promoteur n’a pas donné suite à son projet d’hôtel au sommet du Mont Sylvio-Lacharité associé à 1 000 unités d’hébergement annoncé en 2009. Le journal La Tribune avait accordé les cinq premières pages de son édition du samedi à cette annonce. Le schéma d’aménagement de la MRC de Memphrémagog a été modifié pour permettre la réalisation de ce projet et le promoteur devait déposer un plan de développement conforme aux exigences du schéma à la municipalité d’Eastman dirigée par le préfet Marinovich. Rien de cela n’a été réalisé.

De plus, le promoteur a été le fer de lance d’une proposition controversée d’autorisation de liens mécaniques entre la station de ski et les projets de développement immobilier. Un cahier spécial a été publié dans le Reflet-du-Lac pour influencer l’opinion publique. Cette proposition, soutenue par la MRC et par les organismes régionaux a fait l’objet d’une autorisation soumise à un encadrement de la région à l’intérieur de la Loi 90. Mont Orford la saga a fait la démonstration que ce projet ne fait pas de sens sur le plan économique.

On ne connait pas le projet d’ensemble de Vertendre pour le secteur du Mont Sylvio-Lacharité et pour la station touristique du Mont-Orford. Si le passé est garant de l’avenir, son président, Alain Chagnon, cultive des visions de grandeur alimentées par du « name dropping ». Les médias et les élus en sont friands. Il n’a pas fait ses preuves et on s’apprête à lui confier le dossier le plus stratégique de la région.

L’association de SODEM à Vertendre par l’intermédiaire de sa filiale Gestion Soroma constitue une énigme. Ce groupe de consultants dans le domaine des loisirs a bénéficié de revenus de 360 000 $ par année au cours des trois dernières années pour la gestion de la station touristique par l’intermédiaire de sa filiale Gestion Soroma. On comprend l’intérêt de maintenir cette source de revenus. Cette compétence de gestion est aussi le point fort de la candidature Le Vertendre/Gestion Soroma. Ce qui est intriguant, c’est le rôle que pourront éventuellement jouer les partenaires de SODEM. Cette entreprise fait partie d’un vaste réseau de consultants qui ont planifié le développement de projets de Whistler jusqu’au Mont-Tremblant en passant par le projet de développement immobilier à l’intérieur du parc du Mont-Orford. Le fait que SODEM ait choisi de s’impliquer par la voie d’une petite filiale créée pour gérer le contrat du Mont-Orford ne semble pas indiquer un engagement substantiel.

Avec un peu de recul on constate que la Société d’économie mixte sera constituée d’un promoteur immobilier inexpérimenté qui n’a pas les moyens de financer son projet et d’une MRC qui n’investit rien et qui cherche à se libérer de ce fardeau le plus rapidement possible.

Il est difficile d’envisager l’avenir de manière positive. Il faudra l’une ou l’autre ou les deux solutions suivantes. L’implication d’un financier d’envergure disposé à investir à long terme et/ou un financement public régional du déficit d’exploitation de la station touristique.


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