Michel Verville, sauveur du Mont-Orford ou illusionniste ?

jeudi 16 février 2012 par Hubert Simard

Michel Verville fait sa première apparition sur la scène régionale par l’intermédiaire d’un forum de discussion de Mont-Orford, la saga, le 22 janvier dernier.
« Je tiens personnellement à remercier M. Simard pour cette contribution à centraliser l’information du cycle romanesque du Mont-Orford dans cette bibliothèque virtuelle. Une partie de cette information m’a permis de faire différentes analyses pour en arriver à une conclusion non pas de critiques mais d’une solution viable.
Je suis prêt à déposer publiquement sur ce site ma proposition d’achat et de relance du Mont-Orford. »

Après avoir rencontré M. Verville, après l’avoir longuement questionné sur son projet au cours d’une entrevue vidéo, après avoir vérifié que Luc Poirier est bien son partenaire financier et après avoir reçu un document décrivant le projet, l’information est publiée sur orfordsaga.ca.

Il s’ensuit un chassé-croisé d’entrevues et de commentaires par l’intermédiaire des médias. Le ton est parfois provocateur et parfois suivi de propos acerbes.

Assemblée de la MRC

La réunion mensuelle de la MRC du 15 février est l’occasion de poser des questions aux élus, dont le préfet de la MRC, Jacques Demers, qui est également président de la Corporation ski et golf Mont-Orford.

Pierre Dépôt a enregistré l’ensemble de la période de question avec l’intervention de Michel Verville.

Concernant le dossier de M. Verville, présent à cette assemblée, le préfet nie qu’il se soit engagé à déposer le dossier au conseil des maires le 14 février. C’était plutôt à la Corporation qu’il devait le faire et M. Demers ne veut pas répondre aux questions sur la Corporation. La Corporation est une entité autonome de la MRC.

À la question de savoir si le bilan de la Corporation sur les opérations de la station de ski sera remis à la MRC et rendu public, le préfet Demers répond qu’à son avis personnel, « ça serait peut-être important... c’est vraiment dommage pour cette entreprise là de voir que des gens s’amusent à laisser diffuser des choses qui sont fausses auprès du public… on est en train de préparer l’année 2013, le début de la saison 2012-2013... ceux qui sont assez méchants… les gens qui s’approprient les médias pour dire des faussetés, ce ne sont pas des gens inquiets, se sont des gens malvenants qui utilisent mal leurs connaissances puis quand ce sont les mêmes gens qui veulent négocier particulièrement de façon publique le dossier, c’est vraiment dommage…

Ils demandent à des gens qui travaillent dans un dossier puis en même temps ils noircissent le dossier sans connaître ce qui se passe vraiment. C’est la façon de certains de travailler. C’est vraiment dommage. C’est tout ce que je peux répondre ce soir.

En tout cas, tout le monde bénéficierait d’avoir plus de transparence. On peut convenir de ça ?- intervention HS

Je suis d’accord avec vous, puis je pense que c’est là qu’on va devoir se rendre parce que la transparence serait mieux que des gens comme ça qui traitent de données qu’ils n’ont de nulle part. C’est vraiment dommage de voir des gens qui travaillent de cette façon là. »

La parole à Michel Verville

À la fin de la période de question, Michel Verville prend la parole. Sans animosité, il explique ses difficultés à rencontrer les personnes responsables et à obtenir des réponses à ses questions. On lui répond qu’une personne pressée d’obtenir des réponses à court terme ne peut que recevoir des informations pertinentes sur une base de court terme. Le contexte des interventions à l’intérieur du parc national du Mont-Orford sont déterminées par la loi 90 et cette loi ne peut pas être modifiée à court terme. Mme Hamm lui assure que son dossier fera l’objet d’un suivi par la Corporation.

Le communiqué de rupture

Le lendemain matin, Michel Verville fait parvenir un communiqué à différents intervenants et adressé à Jacques Demers et Vicki May Hamm. Le titre est lapidaire : « Mont-Orford la saga continue - Égos, Mensonges et Politiques »

Le ton est sarcastique : « Je tiens personnellement à vous féliciter pour votre dévotion à développer notre région »

Verville fait référence à l’assemblée de la soirée précédente et annonce son retrait du dossier. Prétendument, « le Groupe VICON » aurait un projet aux États-Unis et un autre au Québec.

Évaluation du dossier

Pour avoir fréquenté Michel Verville à plusieurs reprises au cours de cette période, je peux témoigner d’un personnage passionné par le sujet du développement durable. Il a suffisamment étudié le dossier du Mont-Orford pour identifier des pistes de solutions séduisantes par certains aspects.

Par contre, son cv professionnel et d’affaires demeurait un mystère total comme en témoignent les réponses à mes questions sur la vidéo publiée en ligne. C’était un gros feu rouge, confirmé plus tard par l’admission d’une condamnation à un an de prison avec sursis pour une fraude dans le cadre d’un projet de construction. L’historique du projet Capazoo avec son frère Luc allume un autre feu rouge.

À son actif, il a un partenariat confirmé (sous certaines conditions non-spécifiées) avec Luc Poirier pour un projet de plus de 30 millions de dollars. Aucun participant aux appels d’offres antérieurs n’a avancé un tel montant. La disponibilité des fonds n’a pas été démontrée, mais Luc Poirier a reçu une compensation de 15 millions de dollars pour le rachat de l’île Charron, voisine du parc national des Îles de Boucherville. C’était un feu vert pour le financement mais un feu rouge pour la dimension environnementale. Le projet de développement immobilier de l’Île Charron compromettait l’environnement du parc national.

Son comportement a été provocant comme si tout ce qui comptait était l’impact médiatique de ses interventions. Les réactions du président de la Corporation, Jacques Demers et du député Pierre Reid en témoignent. Il a cherché à se positionner comme le champion de la relance de la station touristique aux dépens des personnes en place. Il n’a pas réussi à percer le scepticisme qui est de mise à l’égard d’un nouveau venu qui n’a pas fait ses preuves.

Son empressement à obtenir une validation rapide de son projet démontre, soit un manque de jugement, soit une stratégie visant à lui donner de la notoriété sans avoir l’intention de mener ce dossier à terme. La complexité du dossier du Mont-Orford est bien connue et les interventions autres que celles prévues explicitement à la Loi 90 ne peuvent être gérées qu’à long terme. Son partenaire, Luc Poirier, était plus perspicace alors qu’il travaillait à négocier l’acquisition de la station de ski Mont Sutton « Des projets comme ça, ça prend toujours du temps et il faut faire plusieurs études… ».

Les élus ont bien fait de ne pas dérouler le tapis rouge devant un entrepreneur impatient. S’il avait été sérieux, il aurait pris le temps et les moyens pour se faire reconnaître. À défaut d’avoir l’expertise et l’expérience nécessaires pour la réalisation de son projet, il aurait dû faire la démonstration de sa capacité à s’entourer de spécialistes crédibles.

Le Groupe VICON est une improvisation. Cette entité est apparue avec le communiqué du 16 février. Il suffit de visiter le site http://groupevicon.com pour s’en convaincre.

Comment interpréter l’affirmation suivante tirée du communiqué de Verville : « Aucun des intervenants du Mont-Orford ne semblent encadrer (sic) dans la Vision - la Mission et les objectifs du Groupe Vicon »

Les intervenants du Mont-Orford ne sont pas à la hauteur du Groupe Vicon, une entité qui n’a aucune compétence reconnue ni aucune réalisation à son actif ?

Alors, Michel Verville, sauveur du Mont-Orford ou illusionniste ?

C’est le chapitre le plus court et le plus inusité de la saga du Mont-Orford.


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