Échanges sur Twitter

Mon jupon... en toute transparence

samedi 23 avril 2011 par Hubert Simard

Sur Twitter, Marc-André Laviolette m’apostrophe et dénonce ma mauvaise foi à l‘égard de Le Vertendre, gagnant de l’appel de candidatures pour les installations touristiques du Mont-Orford. Il diffuse sur la liste #votrejupondépasse.

La mairesse Vicki May Hamm m’interpelle également sur Twitter. Tout en respectant le citoyen que je suis, elle questionne l’angle de mes interventions. Est-ce que je ne devrais pas considérer le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide ?

La gourou des médias sociaux, Michelle Blanc, dirait « voilà une bonne occasion de faire une mise au point ».

Premièrement, ma réaction à la candidature de Le Vertendre/Gestion Soroma n’est pas une réaction à un quelconque rejet d’une candidature préférée. En 2010, j’ai rédigé quatre articles d’analyse sur des aspects différents de la démarche du promoteur véhiculés dans son programme de relations publiques, bien documenté sur son site. Ces articles sont fondés sur des recherches d’informations originales.

J’ai acquis la conviction au cours de ces recherches que ce promoteur manipule l’arsenal des outils de marketing pour obtenir un statut qui n’est pas fondé sur des bases crédibles. J’agite un drapeau rouge au moment où cet intervenant se rapproche de la propriété du patrimoine des installations de la station touristique et qu’il s’apprête à devenir le seul client du fonds de relance de la région.


Mes formations en sciences économiques, en architecture et en urbanisme et mes douze années d’expérience comme conseiller municipal à la Ville de Montréal me conduisent à porter un regard critique sur tout projet de développement d’envergure, peu importe le promoteur du projet. Aucun promoteur, même les plus expérimentés et les plus professionnels, n’est à l’abri de dérapages. Un très bon projet peut devenir un cauchemar en période de crise économique.

La lucidité est de mise, surtout dans des situations où les projets sont politiquement désirés. Plus les intérêts privés se conjuguent avec les intérêts politiques, plus la pression est forte pour lisser l’image du projet et pour éviter tout ce qui peut porter à controverse.

Inversement, il y a un intérêt citoyen à lever le voile sur des ententes qui mettent en jeu des millions de dollars d’investissements publics en installations ainsi qu’un fonds de relance public/privé. De plus, l’objet de cette mobilisation est la mise en valeur du patrimoine public du Mont-Orford.

Cela ne m’empêche pas de croire que le meilleur scénario est celui de la prise en charge de la station touristique par un entrepreneur privé avec ses propres capitaux sur le même modèle que Bromont, Owl’s Head et Sutton.

Tout le monde convient que le contexte du parc national du Mont-Orford réduit la marge de manoeuvre pour affronter la compétition régionale. C’est pour cette raison que la région s’implique dans le financement d’un fonds de relance.

À l’occasion du précédent appel d’offres, lancé par le gouvernement en 2010, j’ai applaudi à la candidature du propriétaire de stations de ski Robert Sudermann. Il faisait la démonstration qu’un entrepreneur privé peut gérer des stations de ski à l’intérieur de parcs sans avoir à compenser un manque à gagner par du développement immobilier. Il n’a pas réussi à rassembler les fonds nécessaires pour la garantie exigée de 4 M $. Il fait face à des problèmes de même nature dans le cadre de l’appel de candidatures de la MRC. [ Mise au point à la demande de Robert Sudermann NDLR ]

J’ai soutenu, également, la démarche coopérative de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, tout comme la mairesse Vicki May Hamm, qui a conduit le conseil de la Ville de Magog à voter une motion d’appui à ce projet. Ce projet a beaucoup de valeur communautaire mais il manque d’appuis financiers. Il demeure que la Coop a rassemblé autour de 1 000 skieurs motivés à apporter leur soutien à la relance de la station de ski. Ils ont rassemblé un capital de plus de 100 000 $. C’est une contribution stratégique à la démarche de relance. Encore faut-il que les élus aient suffisamment de sens politique et de savoir faire pour intégrer la participation citoyenne à la solution.

Lorsque le démantèlement de Ski Montjoye a été annoncé, des citoyens ont tenté de mettre sur pied un projet de coopérative pour prendre la relève. Il était trop tard. La Coop est le plan « B » ultime si la démonstration est faite que le secteur privé traditionnel n’est plus en mesure d’assurer une exploitation profitable de la station touristique et que le rêve d’une prise en charge autonome par un financier riche et patient s’avère un mirage. Certains disent que cette démonstration a été faite depuis longtemps et qu’elle explique les problèmes actuels de la station touristique. Les élus de la MRC de Memphrémagog n’en sont pas convaincus. C’est leur devoir de rechercher les solutions qui ont le moins d’impact sur les finances municipales. Est-ce que leur détermination à poursuivre dans cette direction au lieu de rassembler les forces vives de la région autour d’une solution communautaire sera la cause de la fermeture de la station touristique ? L’histoire le dira.

Je n’ai pas applaudi au choix du tandem Le Vertendre / Gestion Soroma, parce que cet acteur ne me semble pas avoir les moyens ni le savoir faire pour piloter à la fois un vaste projet immobilier qui n’a pas le vent dans les voiles et la relance d’une station touristique en difficulté. J’observe le cheminement de Le Vertendre depuis 2007 et, plus le temps passe, moins j’ai confiance dans les capacités de cet entrepreneur à concrétiser son projet.

Jusqu’à ce jour, Le Vertendre était un acteur à la périphérie de la station touristique. Maintenant il est au centre de cet enjeu régional. Lorsque la MRC aura signé une entente avec les frères Chagnon, ils auront une main-mise sur le patrimoine matériel du Mont-Orford et ils seront les seuls clients du fonds de relance de la station touristique. Bien entendu, la MRC demeurera l’actionnaire majoritaire. Elle devra assumer la responsabilité des choix de l’actionnaire minoritaire responsable de l’exploitation de la station touristique.

Ce n’est pas tout. Au mieux, dans les meilleures conditions, les initiatives conjointes de type public/privé dans le domaine de l’immobilier sont des opérations périlleuses. La MRC est une instance qui réglemente l’aménagement du territoire. Elle a adopté le règlement 7-08 qui encadre le développement du projet immobilier Le Vertendre. Il détermine le potentiel commercial du projet aussi bien que ses contraintes environnementales. Le règlement aurait dû conduire à l’adaptation du plan d’urbanisme de la municipalité d’Eastman en relation avec les plans et les études fournies par le promoteur. Ce dernier n’a pas fourni les documents nécessaires pour compléter la démarche au cours des deux dernières années.

Au nom de l’intérêt public, il est légitime de se demander si l’association Le Vertendre / Gestion Soroma avec la MRC n’ouvre pas la porte à des faveurs qui assureront une valeur ajoutée au projet immobilier qui n’auraient pas été accordées autrement. Le projet de lien mécanique entre la station de ski et le projet immobilier, valorisé par le promoteur et par la MRC dans ses interventions sur le projet de Loi 90, devra faire l’objet d’une attention particulière.

En toute bonne foi, j’ai l’intention de documenter les faits et gestes des acteurs de ce chapitre de la saga du Mont-Orford dans le respect des personnes et des institutions.

Je ne fais partie d’aucun regroupement qui est impliqué, d’une manière ou de l’autre, dans une candidature à la relance de la station touristique.

Plus précisément, je n’ai aucun intérêt matériel dans ces enjeux autre que la valeur de ma résidence à Magog, qui risque de diminuer avec la fermeture de la station de ski.

Je ne m’excuse pas d’être inquiet et suspicieux et de douter de la valeur de certaines propositions. Je cherche l’information en valorisant la rigueur et l’objectivité, dans la mesure du possible et dans les limites de mes moyens.

Je tire satisfaction de ma participation en toute liberté à l’information et aux débats publics. Si j’ai un parti-pris, c’est celui de l’engagement communautaire sans aucune prétention à en être le porte-parole et sans aucune ambition politique.

J’entends donc poursuivre mes recherches sur le tandem Le Vertendre / Gestion Soroma, même si on n’aime pas ce que je publie. Je suis prêt à prendre le risque de passer pour un individu mal intentionné qui s’acharne sur le « sauveur ». Pour moi, l’objectivité, c’est la capacité de pouvoir évaluer avec expérience et intelligence les facteurs positifs et négatifs d’une situation en se basant sur les faits.

Les médias font régulièrement le travail de valorisation de l’aspect positif en reprenant les communiqués corporatifs, institutionnels et associatifs. Je crois qu’il y a de la place pour un travail de journalisme indépendant qui vise l’information en dessous de la surface bien lisse des relations publiques.

Ces informations vont alimenter les discussions sur le processus de négociations entre Le Vertendre / Gestion Soroma et la MRC de Memphrémagog. Si entente il y a entre les deux parties, elle n’en sera que plus solide. L’intérêt public sera mieux servi.


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