Résurgence de la SÉPAQ au parc national du Mont-Orford

mardi 1er mars 2011 par Hubert Simard

Depuis des années la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) joue un rôle très effacé au parc national du Mont-Orford. La SÉPAQ a été le discret mandataire du gouvernement dans la gestion du retrait gouvernemental de la station touristique du Mont-Orford. Si le projet de dernier recours de la MRC échoue elle aura la responsabilité de procéder au démantèlement des installations et de revaloriser les lieux.

Ailleurs au Québec cette société se conduit comme un partenaire actif du développement récréotouristique régional. Le maintien de la SÉPAQ comme gestionnaire de la station touristique faisait l’objet d’un vaste consensus régional, à l’exception des autres stations de ski des Cantons de l’Est qui criaient à la concurrence déloyale. Dans un marché en contraction marqué par la fermeture de Ski Montjoye, le gouvernement a donné raison au lobby de Bromont, Sutton et Owl’s Head.

Samedi, le 26 mars, le chroniqueur Luc Larochelle, dans la section Perspectives de La Tribune rapportait les grandes lignes d’une entrevue avec le président-directeur général de la SÉPAQ, Raymond Desjardins accompagné de Brigitte Marchand, nommée récemment directrice du parc après avoir assumé la gestion des installations touristiques sous Gestion Soroma. Loin d’être sur la défensive, le pdg, réputé pour son dynamisme, lance le message d’une volonté de partenariat de la part de la SÉPAQ en relation avec la Société d’économie mixte mise sur pied par la MRC pour la relance de la station de ski du Mont-Orford et du terrain de golf. Il dégage une grande confiance dans la valeur de stratégies commerciales régionales d’un pôle touristique bien intégré.

De cette entrevue on peut décoder les éléments suivants :

  • La SÉPAQ attendait que la région prenne le leadership de la relance des installations touristiques avant de se manifester. Le message est clair. La Société se porte volontaire pour soutenir la région dans ses projets. C’est sa mission [1]. Elle ne se substituera pas à la région.
  • Dans le contexte de l’agrandissement du parc, la Société a amorcé une planification de ses investissements. Il y a un appel fort à la concertation régionale. Une vision est en voie de prendre forme. Cette vision s’articule autour de pôles stratégiques pour l’avenir de la région qui sont intégrés à l’intérieur du parc.
 le parc national avec ses installations et ses services
 le Centre d’arts d’Orford
 la base de plein air Jouvence
 les installations de la station touristique
 (station de ski et terrain de golf)
  • Il y a une prime à la participation régionale. Des investissements ont été retardés en attendant d’avoir un portrait global. D’autres investissements pourraient être planifiés. Ces investissements seront d’autant plus valorisés qu’ils seront portés et partagés par la région et ses partenaires.
  • Des structures vont être sollicitées ou mises sur pied pour servir de liaison avec la SÉPAQ, les intervenants du milieu et l’appareil gouvernemental. Un comité consultatif local existe déjà. Avec l’agrandissement du parc, la MRC du Val Saint-François sera impliquée, ce qui, dans le fonctionnement de la SÉPAQ, nécessitera une table d’harmonisation. Le Conseil régional des élus de l’Estrie jouera un rôle de planification à l’abri, en principe, des groupes de pression.
  • Des projets sont déjà sur la table de travail de la SÉPAQ. Du côté du parc, les postes d’accueil, les stationnements et les services font l’objet de pressions. La demande pour le ski de fond et pour la raquette est en croissance. L’achalandage annuel du parc est au niveau de 650 000, comparativement à 180 000 pour la montagne.
  • Les éléments de vision de développement suivants sont exprimés par la directrice Brigitte Marchand qui valorise la diversité et la complémentarité dans la mise en valeur de l’offre du parc :
 ski hors-piste avec peaux de chamois
 extension du réseau de raquette en périphérie
 des pistes de ski jusqu’au sommet de la montagne
 raccords entre le réseau de ski de fond et le
 chalet principal au pied de la montagne
 des « réseaux d’hiver » pourraient éventuellement rejoindre
 le projet immobilier Vertendre du côté ouest.

Le chroniqueur Luc Larochelle a intitulé son article La fin des deux solitudes. Il est trop tôt pour tirer cette conclusion. La MRC de Memphrémagog a créé une Société d’économie mixte avec l’objectif de se débarrasser de cette structure embarrassante pour le pouvoir local dans les plus brefs délais. Le rêve des élus est d’agir comme simple courroie de transmission entre le gouvernement et un entrepreneur privé. Les maires de la MRC n’ont aucune volonté de s’engager dans une démarche à long terme de valorisation du pôle récréotouristique du parc national du Mont-Orford.

Pour le moment, on peut envisager qu’ils seront conduits, par la force des choses à s’impliquer dans ce dossier d’une manière de plus en plus active dans la mesure où le scénario optimiste d’une station touristique profitable pour un entrepreneur privé ne se matérialisera pas.

La direction de la SÉPAQ est consciente qu’elle fait partie de la solution gagnante et que son mandat est d’apporter du soutien à une direction régionale, même si celle-ci tarde à se constituer.

L’invitation à penser globalement et d’une manière intégrée est très stimulante. Pourquoi ne pas planifier un centre d’accueil de plein air qui servirait sur quatre saisons à une diversité de clientèles tout en donnant accès aux remonte-pentes à ces clientèles qui contribueraient à les rentabiliser ?

 accueil du parc
 ski alpin
 ski de fond
 raquette
 randonnée
 accueil de groupes scolaires
 programmes d’activités de conditionnement physique
 en plein air et à l’intérieur
 centre d’interprétation du Corridor appalachien
 et de la biodiversité des Cantons de l’Est
 événements culturels et touristiques

La station touristique du Mont-Orford est un patrimoine régional qui est au cœur de l’économie de villégiature et de tourisme de la région. Les méthodes modernes de valorisation du patrimoine passent par de multiples partenariats et par le partage de factures.

[1La Société a pour mandat d’administrer et de développer des territoires publics et des équipements touristiques qui lui sont confiés en vertu de sa loi constitutive. Sa mission consiste à assurer l’accessibilité, à mettre en valeur et à protéger ces équipements publics au bénéfice de sa clientèle, des régions du Québec et des générations futures.
Cette mission s’assortit d’un engagement actif dans les régions où la Société exploite des établissements, ce qui l’amène à exercer un rôle de levier de développement économique pouvant conduire à la mise en place de partenariats, notamment avec des entreprises privées œuvrant dans l’offre d’activités et de services.


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