le compte à rebours se poursuit

Semaine 12, 2010-09-27

Rejet de la soumission de Robert Sudermann
jeudi 30 septembre 2010 par Hubert Simard

Le lundi 27 septembre 2010

La semaine commence par des informations contradictoires en l’absence d’informations formelles de la part du gouvernement du Québec. Danny Jacques du Reflet du Lac rapporte des informations de la part de Marc Bellemarre, conseiller syndical des employés de la station touristique. Selon ce dernier, le soumissionnaire Robert Sudermann n’aurait pas encore déposé la garantie de 4 M $ nécessaire pour répondre aux conditions de l’appel d’offres. Il ne disposerait pas du financement pour le faire.

Par contre, Pierre Bastien, maire du Canton d’Orford et président intérimaire du CLD de Memphrémagog, qui est en contact régulier avec Sudermann, nie cette rumeur tout en s’impatientant des délais.

Au téléjournal, Radio-Canada, tout en soulignant l’impatience des intervenants locaux, rapporte des commentaires optimistes quant à l’éventualité de l’entente avec Sudermann. Vicky May Hamm explique que la région n’est pas prête à prendre la relève et qu’il n’y a pas de plan B.

Par contre, TVA amplifie la nouvelle diffusée par Mont-Orford la saga le 14 septembre dernier à l’effet que Sudermann recevrait du financement d’Investissement Québec pour son paiement de la garantie de 4 M $. Marc Bellemarre s’inquiète du fait que ces crédits ne s’appliquent pas à des investissements dans la relance de la station de ski, tandis que le propriétaire de Ski Bromont, Charles Désourdy, dénonce une situation inéquitable. D’autres entrepreneurs auraient pu soumissionner en sachant que de tels crédits auraient pu être disponibles.

Références

  • Radio-Canada, Le téléjournal Estrie, Renée Dumais-Beaudoin

Le mardi 28 septembre 2010

La journée commence avec l’article de Jean-François Gagnon de La Tribune. Selon ses informations, Québec semblerait prêt à retarder le transfert de la station touristique à Sudermann jusqu’en janvier ou février 2011 et même au delà. La Sépaq demeurerait le gestionnaire attitré jusqu’à ce que le transfert soit complété.

La situation commence à être explosive et c’est le Parti Québécois qui met le feu aux poudres. La députée de Vachon et porte-parole
de l’opposition officielle en matière d’environnement, de développement
durable, de parcs et d’eau, Martine Ouellet, et le député de Johnson,
Etienne-Alexis Boucher, interpellent le gouvernement Charest.

Ce dernier connaît très bien le dossier du Mont-Orford. Il a succédé à son père, Claude Boucher, comme député de Johnson. Ils ont collaboré activement à la mission de SOS Parc Orford.

Les députés de l’opposition dénoncent les délais dans l’évaluation de la soumission, la perspective de poursuivre le financement des opérations de la station de ski pour une période indéterminée et l’ouverture au financement de la garantie de l’acheteur par Investissement Québec. Ce financement serait injuste pour les autres soumissionnaires soutiennent-ils en écho à la déclaration de Charles Désourdy.

Etienne-Alexis Boucher pose la question « Pourquoi le gouvernement tient-il
absolument à aider un promoteur qui ne répond visiblement pas aux critères de l’appel d’offres ? » Il souligne que la loi 90 prévoit un plan B en l’absence de soumissionnaire conforme à l’appel d’offres.

Le Parti Québécois prend une position qui laisse deux choix au gouvernement : offrir les installations touristiques à la MRC de Memphrémagog ou lancer un nouvel appel d’offres.

Références

Le mercredi 29 septembre 2010

Ce mercredi, Jean-François Gagnon révise ses informations de la journée précédente. Il a obtenu la confirmation de l’information à l’effet que Sudermann n’arrive pas à compléter son financement. De plus les délais supplémentaires ne seraient pas favorisés par le gouvernement. Une fois la date du 1er octobre passée, le gouvernement proposerait à la MRC de prendre les installations à sa charge.

Dans cette situation, selon la loi 90, la MRC aurait 1 mois pour signifier son intérêt. Par la suite, elle disposerait de trois mois pour s’organiser avec un plan de relance. À défaut de quoi le gouvernement entreprendrait le démantèlement des installations.

Références

Le jeudi 30 septembre 2010

Scoop de Dany Jacques du Reflet du Lac. Il aurait été informé d’une décision du conseil des ministres ce matin de ne pas retenir l’offre de Sudermann. Il manquerait 2 M $ sur le 4 M $ exigé dans l’appel d’offres. La saison de ski ne serait pas menacée.

Le vendredi 1 octobre 2010

La Tribune confirme le rejet de la soumission de Robert Sudermann. Il n’a pas réussi à rassembler les 4 M $ nécessaires pour remplir l’obligation de la garantie d’opération sur cinq ans. Le député Pierre Reid sera le porteur de la nouvelle, le nouveau ministre, Pierre Arcand, étant « retenu » à Québec.

La saison de ski 2010-2011 ne serait pas compromise. Gestion Soroma poursuivra l’opération de la station de ski.

Vraisemblablement, la MRC cherchera à mettre en place une démarche de dernier recours, tel que prévu par la Loi 90.

La situation inspire le commentaire suivant à Roger Laroche, le journaliste animateur du Carnet du ski « En débranchant le respirateur artificiel, le gouvernement risque de sonner le glas à cette légendaire station qui, n’en déplaise aux nostalgiques, pourrait bien s’ajouter au Mont Shefford, Mont Glen et Montjoye qui ne sont plus sur la carte des stations de ski des Cantons de l’Est. »

Radio-Canada a réussi à obtenir les premiers commentaires de Robert Sudermann. Celui-ci se dit déçu de la décision de Québec et, contrairement aux informations sur ce sujet, il affirme avoir le financement nécessaire de 4 M $ pour la garantie. Des pressions d’un propriétaire de centre de ski concurrent (Charles Désourdy de Ski Bromont vraisemblablement ) auraient motivé la décision du conseil des ministres.

Le communiqué du gouvernement du Québec interpelle directement la MRC de Memphrémagog qui avait insisté, à l’occasion de l’étude du projet de Loi 90, pour obtenir un droit de dernier recours au cas ou le processus d’appel d’offres ne donne pas les résultats escomptés. L’absence de financement de la garantie de la part de Sudermann est le motif invoqué pour mettre fin à l’appel d’offres.

Si Sudermann maintient qu’il disposait des fonds nécessaires, le gouvernement devra donner des explications. Si les fonds provenaient en partie d’Investissement Québec, on comprendra que le gouvernement ne veuille pas assumer indirectement la responsabilité du financement de la garantie. Une telle pratique constituerait un précédent malsain. Il faudrait le dire clairement et demander des comptes à Investissement Québec, en supposant que l’ouverture de l’institution à un tel financement n’ait pas fait l’objet d’une approbation politique.

Le communiqué confirme, également, que la saison 2010-2011 est garantie par un mandat à la Sépaq jusqu’au 31 maii 2011 ce qui facilitera le travail de la MRC.

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Communiqué MRC

De son côté, la MRC réplique par un communiqué qui manifeste sa déception tout en s’engageant à évaluer l’intérêt de la région à déposer une proposition, conformément aux dispositions de la Loi 90.

Au téléjournal de 18 h, Radio-Canada fait le tour des réactions des différents intervenants. Pierre Bastien passe en entrevue et reprend le contenu du communiqué de la MRC diffusé à la suite de la conférence de presse du député Pierre Reid. La prochaine assemblée publique de la MRC est prévue pour le 20 octobre. Parmi les commentaires des intéressés, on note celui de l’ancien propriétaire des installations du Mont-Orford, André l’Espérance : « Ça ouvre la porte à la MRC d’arriver avec un plan d’affaires viable pour la montagne, parce qu’il va y avoir beaucoup moins de contraintes que dans l’appel d’offres ». Marc Bellemarre, conseiller syndical à la FTQ lève son chapeau au gouvernement. Le syndicat qu’il représente gagne l’assurance d’une saison sans remises en question jusqu’en mai 2011. Charles Désourdy, propriétaire de Ski Bromont, n’est pas impressionné : « Une entreprise qui perd un million et demi à deux millions de dollars, c’est impossible à rentabiliser »

Le Reflet-du-Lac fait le tour du milieu économique de Magog-Orford et les intervenants signifient leur appui à la prise en charge du dossier par la MRC. La Coopérative de solidarité du Mont-Orford revient dans le paysage. Elle avait choisi de ne pas participer à l’appel d’offres par prudence. Le déficit avait été jugé trop élevé pour que la coopérative puisse prendre en charge les installations sans aide financière. Son président, Bertrand Larivée, affirme l’intérêt de la coopérative tout en se disant en attente d’une manifestation d’intérêt de la communauté.

Du côté de Rue Frontenac on a sollicité l’opinion de Claude Péloquin, président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ). Ce dernier est étonné que Québec ait attendu aussi longtemps pour rejeter la soumission, mais il est soulagé que la saison 2010-2011 soit assurée. Il s’attend à ce que la MRC prenne la relève. Bien au fait du dossier du Mont-Orford, il émet l’avis suivant : « Jusqu’ici, on a observé un appui timide des acteurs locaux et régionaux, alors qu’il est question de l’existence à court, moyen et long terme d’une infrastructure et d’un actif récréotouristiques incroyables ». Il avait déjà qualifié la vision régionale de « pensée magique »

L’ASSQ insiste beaucoup sur l’appui du milieu régional. L’industrie du ski est en régression au Québec. C’est un fait méconnu dans la région de Magog-Orford que plus de la moitié des 75 stations de ski du Québec sont exploitées par des municipalités ou des organismes sans but lucratif. Des études ont été faites pour comparer la valeur des investissements dans différents types d’équipements tels que les arénas ou les piscines. La comparaison entre l’industrie du hockey et celle du ski fait réfléchir.

Références

  • Communiqué MRC de Memphrémagog, Dossier du Mont-Orford : la MRC de Memphrémagog évaluera l’intérêt de la région à déposer une proposition
  • Radio-Canada Estrie Le téléjournal de 18 h

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