Le compte à rebours se poursuit

Semaine 23, 2010-07-12

mardi 13 juillet 2010 par Hubert Simard

Le lundi 12 juillet 2010 Brigitte Marchand devient directrice du parc national du Mont-Orford

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Brigitte Marchand
Photo : Roger Laroche (2007)

Le directeur actuel du parc national du Mont-Orford, Pierre Dépelteau, prend sa retraite. Le gouvernement a choisi de le remplacer par Brigitte Marchand qui a assumé le rôle de directrice intérimaire de la station touristique du Mont-Orford, comprenant la station de ski du Mont-Orford et le golf. Elle entrera en fonction le 30 août à la fin de son mandat avec Gestion Soroma.

Elle détient une maîtrise en sciences de la gestion de HEC Montréal avec une spécialisation en ressources humaines. Elle a l’expérience de la gestion d’équipements récréotouristiques.

Elle assumera la direction des parcs nationaux du Mont-Orford et de la Yamaska.

Le mardi 13 juillet 2010

La journaliste Sophie Cousineau, de La Presse Affaires, s’intéresse au Mont-Orford dans une chronique publiée simultanément dans La Presse et dans La Tribune, en page 4. Son titre « La montagne accouche d’une idée » rejoint l’éditorial de Denis Dufresne du samedi précédent « Enfin, un peu d’espoir ».

Elle expose une expérience désagréable en compagnie de sa jeune fille en 2009. Les vieilles chaises du mont Alfred Desrochers, la patinoire au sommet du mont Giroux. Le mont-Orford « un douloureux symbole d’échec... le gouvernement libéral qui a cafouillé du début à la fin... la région qui s’est entredéchirée sur son avenir... ».

Elle accueille avec intérêt la soumission des frères Sudermann en soulignant qu’ils ont l’expérience de la gestion d’activités récréotouristiques dans un environnement de parc.

Pour ce qui est du projet Osmose Orford, de la famille Girard, elle questionne, comme bien d’autres, l’intérêt de le localiser au mont Orford. Elle fait le lien avec le projet de Technodôme des frères Reichmann à Montréal.

Elle poursuit sa réflexion sur son blogue « La station Orford peut-elle être sauvée ? »

Elle soulève la question centrale. Est-ce que les frères Sudermann réussiront à rentabiliser l’exploitation de la station de ski avec les règles d’un parc national et les investissements à réaliser. Leur plan d’affaires n’est pas connu.

De son côté, Jean-François Gagnon de La Tribune, fait état de l’enthousiasme et de l’optimisme des employés syndiqués de la station touristique. Le président du syndicat, Pascal Taschereau, valorise l’expérience des frères Sudermann dans l’exploitation d’activités récréotouristiques dans un environnement de parc. Marc Bellemarre s’attendait, de son côté, à ce qu’il n’y ait pas de soumissions. Le conseiller syndical déplore le délai prévu par le gouvernement pour prendre une décision, qui ne viendra pas avant septembre. Vendredi dernier, les syndiqués ont adopté un projet de convention collective d’un an, qui se terminera dans deux jours. Une unité syndicale reçoit une augmentation de 1,5 % alors que l’autre, qui regroupe les cols bleus, ne reçoit pas d’augmentation. Les syndiqués sont confiants d’arriver à une entente rapide avec le nouvel acquéreur.

Jean-François Gagnon rapporte également le passage de Brigitte Marchand à la direction des parcs nationaux du mont-Orford et de la Yamaska tel qu’annoncé par voie de communiqué gouvernemental lundi.

Le mercredi 14 juillet

Radio-Canada Estrie réussit à entrer en contact avec Robert Sudermann du groupe Fortune Resort. Leur priorité est d’abord de projeter une image positive de la station touristique pour que la clientèle ait le goût d’y venir.

Ils ont la vision d’une station de vacances populaire pour les clientèles des Cantons de l’Est, de Montréal et de Sherbrooke. Ils sont à l’aise avec l’entente proposée par le gouvernement du Québec et avec l’idée d’exploiter les installations à l’intérieur d’un parc sur des terrains loués.

Ils expriment leur confiance dans la possibilité de rentabiliser les installations. Ils entendent négocier des nouvelles conditions de travail avec le syndicat mais ne semblent pas vouloir investir à court terme dans les équipements.

Du côté de La Tribune, un vox-pop exprime la satisfaction à l’égard de la soumission de Fortune Resort. Jean-François Gagnon procède à une analyse qui conduit à une proposition de fin de la gratuité pour l’accès à la montagne par les randonneurs. Les problèmes de financement à long terme des installations du Mont-Orford ne sont pas réglés parce qu’un entrepreneur a déposé une soumission. Le projet de fonds de relance n’atteint pas ses objectifs. André L’Espérance avait tenté d’imposer une tarification de 3,50 $ aux randonneurs à l’occasion de la Flambée des couleurs. Il avait dû retraiter devant les protestations. L’idée d’imposer une tarification du stationnement avait été mise de l’avant mais n’avait pas été réalisée. Jean-François Gagnon évalue que cette tarification pourrait rapporter jusqu’à 200 000 $/an. De toute manière, si la station de ski ferme et que le territoire perd son statut particulier, la tarification d’entrée dans le parc national s’appliquera.

(NDLR) La question de la tarification est épineuse.
Il y a la tarification du parc national dans lequel se trouve la station de ski. Il en coûte 3,50 $ par personne pour accéder au parc. La clientèle de la station de ski, celle qui cause les impacts les plus lourds sur le territoire du parc, ne paie pas ce tarif.

Paradoxalement, on arrive à une situation où la clientèle de la station de ski abonnée à la passe « bronze », qui permet de skier sur semaine, ne paie sa passe que 119 $. De son côté la clientèle du ski de fond à l’intérieur du parc doit payer sa passe 145,74 $ + 16,50 $ pour la passe annuelle d’accès au parc.

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Ski Mont-Orford, passe bronze 2010-2011

Bien des baby-boomers retraités qui jouissent de ce tarif préférentiel conviennent que ça ne fait pas de sens et qu’ils seraient prêts à payer plus cher pour faire du ski. Les autres stations de ski de la région ont protesté contre la « guerre de prix ». On peut présumer que l’objectif était de gagner des parts de marché pour augmenter le nombre de jours/skieur et rendre la station touristique plus attrayante pour d’éventuels soumissionnaires.

Le ski alpin a la réputation d’être un sport de riches. Les jeunes de Ski Monjoye réclamaient le maintien de cette station de ski parce que les tarifs étaient abordables et que le caractère familial correspondait à un besoin qui n’est pas comblé par le Mont-Orford. L’industrie du ski dans les Cantons de l’Est est malade et la région continue de gérer ce problème au niveau local.

Le jeudi 15 juillet 2010

Le seul soumissionnaire à l’appel d’offres sur la station touristique du Mont-Orford, Robert Sudermann, commence à répondre aux appels et à donner des indices sur sa vision de mise en valeur des lieux.

Vincent Brousseau-Pouliot de La Presse a rejoint Robert Sudermann. Ce dernier lui a fait part de sa vision et de ses intentions exprimées dans son plan d’affaires.

  • Investissements de 7 à 10 millions sur 5 ans dans la station de ski
  • Éclairage des pistes pour du ski de soirée
  • Améliorations au chalet et aux remonte-pentes
  • Changements à l’école de ski

La première priorité demeure de rendre la station de ski rentable « dès la première année ». Il évalue le déficit d’exploitation qu’il veut faire disparaître à 1 million de dollars par année. Il explique ce déficit par les risques d’échec associés au Mont-Orford depuis quinze ans. Il a la conviction que « Orford, c’est le meilleur ski dans les Cantons-de-l’Est » et il s’applique à le communiquer.

Jean-François Gagnon s’est également entretenu avec Sudermann. Même si la soumission a été enregistrée par Camp Fortune, propriété des deux frères Sudermann, le projet serait pris en charge par Robert Sudermann. Il mise sur la clientèle localisée dans un rayon de cent kilomètres pour rentabiliser les installations, ce qui inclut les agglomérations de Montréal et Sherbrooke. Il croit pouvoir affronter la compétition de Ski Bromont. Mont-Orford est reconnu pour ses pistes glacées. Il est convaincu de pouvoir améliorer la qualité de la neige avec l’achat de nouveaux équipements de damage plutôt que par des investissements dans le système d’enneigement.

Dans un article intitulé « L’immobilier n’est pas une nécessité absolue », Jean-François Gagnon questionne Sudermann sur sa vision de la solution par l’immobilier. Cette question est centrale parce que les organismes économiques de la région en ont fait leur cheval de bataille. C’était l’argument central du CLD de la MRC de Memphrémagog, sous la direction de la mairesse Hamm, à l’occasion des consultations sur le projet de Loi 90. Les organismes économiques de la région se sont entendus pour revendiquer des modifications à la loi de manière à faciliter l’installation de liens mécaniques entre les projets de développement et la station de ski.

"Alors qu’on a répété ad nauseam (NDLR l’italique est dans l’article de J.F. Gagnon) que la station Mont Orford ne pourrait survivre sans l’immobilier ces derniers mois, le seul soumissionnaire en lice pour acheter ses équipements, Robert A. Sudermann, affirme qu’il serait « confortable d’exploiter l’endroit sans qu’il soit relié à un quelconque développement »."

Deux stations de ski sur trois (Camp Fortune et Mt. Norquay) gérées par les frères Sudermann sont dans des aires protégées.

« Le seul centre de ski où on a de l’immobilier, c’est le Mont Ste-Marie en Outaouais. On sait ce que ça signifie d’être dans un parc et on vit bien avec ça »

À la question sur la possibilité d’une entente avec Vertendre et ses projets d’hôtel au sommet du mont Sylvio-Lacharité relié par monorail à la station de ski, Sudermann se dit ouvert aux discussions. Il n’en déclare pas moins que l’hébergement dans la région répond aux besoins du centre de ski.

Sur les questions de réchauffement climatique et de fermeture des stations de ski, il demeure confiant dans l’avenir du ski malgré les aléas de la météo.
Il croit que ce sont surtout les centres locaux qui sont menacés parce qu’ils ne peuvent rentabiliser les augmentations des coûts d’exploitation. La station de ski Mont-Orford, de niveau régional, a de meilleures chances d’atteindre la rentabilité.

Le vendredi 16 juillet 2010

Lorsque Robert Sudermann a annoncé son projet d’éclairage des pistes du Mont-Orford pour le ski de soirée, les observateurs avertis du dossier du Mont-Orford ont tout de suite perçu l’enjeu de la pollution lumineuse associé à la campagne menée par l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic. Il y a cinq ans, l’organisation, avec l’appui des universités McGill et Laval s’était opposée à l’éclairage des pistes. Les efforts pour contrer la pollution lumineuse sont appuyés par la Ville de Sherbrooke, de même que par les MRC du Granit et du Haut-Saint-François.

Le journaliste David Bombardier de La Tribune a contacté l’ASTROLab. Les astres semblent être bien alignés pour le projet de Sudermann. Au cours des dernières années, les technologies d’éclairage ont beaucoup évolué. Avec un éclairage moins blanc et moins intense, les impacts peuvent être atténués. L’observatoire opère jusqu’à 4 h, tandis que les lumières des stations de ski sont fermées à 23 h. S’il y a collaboration avec l’observatoire, une solution satisfaisante pour les deux parties est possible.


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