Le compte à rebours se poursuit

Semaine 48, 2010-01-18

Conseil de ville de Magog et conseil de la MRC de Memphrémagog
jeudi 21 janvier 2010 par Hubert Simard

À la suite de la semaine 49

Lundi 18 janvier : Assemblée du Conseil de ville de Magog, le modèle des plateaux sportifs et quelques précisions de la part de Vicki May Hamm

Après la semaine 49 très chargée, la semaine 48 commence avec l’anticipation de l’assemblée de la Ville de Magog en soirée. Une occasion pour poser des questions à la mairesse Vicki May Hamm.

À Québec, l’attaché de presse de la ministre Beauchamp, Dave Leclerc, n’est pas informé de la date de l’appel d’offres. Il ne veut pas commenter les affirmations de Marc Bellemare.

En soirée, la principale question d’intérêt, au premier conseil municipal de l’année à Magog, porte sur le dossier des plateaux sportifs à l’École secondaire La Ruche. C’est un projet d’envergure avec piscine, gymnase, terrain de soccer... Les coûts sont de 20 millions de dollars, largement financés par un programme fédéral/provincial. La Ville de Magog assumera une part de 4 millions de dollars. Les infrastructures seront accessibles à l’ensemble de la population et elles seront gérées par un organisme à but non lucratif. Il faudra passer un règlement d’emprunt qui sera soumis à l’épreuve du registre référendaire. La règle d’usage, à Magog, est d’abandonner les projets lorsque suffisamment de citoyens se sont déplacés pour exiger un référendum.

La mairesse Hamm et la plupart des conseillers sont enthousiastes. Il y a un parallèle à faire avec le dossier de la station de ski du Mont-Orford. L’ex-maire Poulin, la semaine précédente, a commencé, avec son virage politique, à travailler l’imaginaire collectif. Si la Ville de Magog peut s’engager dans des projets d’envergure avec un montage financier qui met à contribution l’ensemble des partenaires, elle peut aussi s’impliquer dans le dossier de la station de ski.

Ce serait un retour aux origines du Parc national du Mont-Orford. Ce projet a été piloté par le maire Bowen de la Ville de Magog au cours de la période de la grande dépression. L’homme était médecin dans une petite ville industrielle. Il voulait que la classe ouvrière puisse avoir accès à la nature et améliorer sa santé. L’historien Jean-Pierre Kesteman raconte cette période à l’occasion du 70e anniversaire de la création du Parc du Mont-Orford.

Il demeure que la Ville de Magog est impliquée dans plusieurs projets d’envergure, dont la construction de la bibliothèque municipale et la rénovation de l’usine de filtration de l’eau potable. La capacité d’emprunt est limitée.

En fin d’assemblée, à la période de questions, la mairesse Hamm me donne les réponses suivantes. Non, le gouvernement du Québec n’attend pas un projet de fonds d’investissement régional pour lancer l’appel d’offres sur la vente des installations de ski et de golf. Non, la Ville de Magog ne travaille pas à l’arrimage avec l’appel d’offres d’une hypothétique contribution attendue par d’éventuels investisseurs et par le gouvernement.

Audio Réponses de Vicki May Hamm, conseil municipal de la Ville de Magog, 18 janvier 2009

Par contre, le milieu des affaires est mobilisé par l’intermédiaire de la Chambre de commerce et de la SDC du centre ville de Magog. Cette démarche est soutenue par la MRC et par le CLD Memphrémagog, présidé par Vicki May Hamm. Les maires de la région participent également à la démarche. La mairesse ne veut pas préciser ce qu’elle entend par contribution du milieu. Il semble qu’une stratégie se dessine et qu’il y a une volonté de régler ce dossier rapidement. « C’est un dossier qui a fait couler beaucoup d’encre dans le dernier mandat. On souhaite le régler rapidement au début de ce mandat ci. » Lorsqu’une proposition sera disponible, elle en discutera avec les membres du conseil.

Sous la précédente administration, il y avait le Comité de parrainage géré par la MRC. Ce comité était composé de personnalités connues et représentatives des différents intérêts. Il avait un échéancier et un rapport à déposer qui devait faire état du consensus régional. Le point sur le plan de relance était à l’ordre du jour de chaque assemblée de la MRC.

L’ennui, dans la démarche actuelle, est que les élus travaillent en huis-clos avec les milieux d’affaires. La CCIMO et la SDC, à l’occasion de leur dernière sortie publique commune se sont prononcés en faveur d’un développement sans restriction. C’était l’objet de la chronique du 8 décembre « La CCIMO et la SDC au cœur de la mêlée sur l’avenir du Mont-Orford ». C’était avant la rencontre des élus avec la ministre Beauchamp.

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Communiqué MRC 2009-12-10

Sans que la ministre ne dépose une réponse officielle au rapport, on sait, par le communiqué de la MRC, suite à la rencontre du 10 décembre, que le rapport de la MRC est validé, à l’exception du maintien de la propriété gouvernementale des installations et de leur gestion par la Sépaq. Cela devrait avoir mis fin, définitivement, aux velléités de relance de la discussion sur le développement immobilier sur le site de la station de ski.

Si la stratégie consiste à lever une taxe sur les commerces qui bénéficient du développement des affaires qu’apporte la station de ski et que les discussions portent sur les modalités d’une telle taxe, le huis-clos est effectivement justifié. Il faut donner une chance aux représentants du milieu commercial de s’entendre sur une proposition et de la vendre aux principaux intéressés. Le maire Pierre Bastien, du Canton d’Orford, s’est effectivement exprimé en faveur d’une taxe commerciale. On pourra, en temps et lieux, juger de la valeur de ces propositions.

On en saura peut-être un peu plus mercredi, à l’assemblée mensuelle de la MRC de Memphrémagog.

Mardi 19 janvier : Rien à signaler

... Tout de même, les adeptes de la page FaceBook Contre la fermeture définitive du centre de ski Montjoye sont passés au nombre de 4 077 personnes et l’auteur de cette page, Maxime Fréchette, s’est finalement identifié. Selon ses affirmations, il a déjà travaillé pour la station de ski, mais il ne sait pas si le propriétaire actuel, Serge Couture, a vu la page...

Mercredi 20 janvier : La MRC réaffirme son leadership dans le dossier de la station de ski du Mont-Orford tandis que celui de Monjoye est géré au niveau local

L’assemblée de la MRC de Memphrémagog du 20 janvier se déroule au moment où on apprend que les banques procèdent à la saisie d’Intrawest, la multinalionale propriétaire des installations de ski de Whistler en Colombie-Britannique et de Mont-Tremblant au Québec. On avait déjà appris, le 7 janvier, la fermeture de la station de ski de Montjoye au Mont-Tremblant. On attend la publication de l’appel d’offres sur les installations du Mont-Orford. On attend, également, la réponse de la région au rejet, par la ministre Beauchamp, du maintien de la propriété gouvernementale des installations de la station de ski du Mont-Orford. La période de questions est une occasion de s’informer sur le leadership des élus.

Le préfet et maire de la municipalité d’Eastman, Gérard Marinovich, confirme que ce qu’il affirmait au journal La Tribune, le 14 janvier, représente la position de la MRC. La contribution des municipalités est exclue. Si cette position devait changer, il faudrait adopter une nouvelle résolution. De leur côté, les principaux partenaires dans la recherche d’une solution montrent plus d’ouverture. La mairesse Vicki May Hamm soutient toujours que le milieu doit contribuer financièrement sans spécifier le rôle des municipalités. Pierre Bastien ferme la porte à une utilisation des revenus courants de la municipalité mais ouvre celle d’une taxe spéciale sur les commerces. Les représentants du milieu commercial ont applaudi à l’idée lancée par l’ex-maire Poulin d’une contribution des municipalités.

Une interprétation serait que la MRC est à la recherche d’une solution fiscale d’exception qui ne toucherait pas aux budgets courants des municipalités. Un appel à une contribution volontaire des commerçants ne serait pas crédible.

Plus précisément, le préfet réaffirme le leadership de la MRC dans ce dossier et souligne que la MRC entretient une relation directe avec la ministre Beauchamp. Guy Jauron, directeur général de la MRC et Ghyslain Goulet, directeur général du CLD Memphrémagog sont les principaux conseillers mandatés pour travailler des pistes de solutions qui devront être endossées par les élus.

À une question posée sur un éventuel appui à la relance de la station de ski Monjoye, le maire Pierre Levac du Canton d’Hatley affirme qu’il n’est pas question pour la municipalité du Canton d’Hatley de demander l’assistance de la MRC. Le dossier est géré au niveau local et il passe le meilleur de son temps à la recherche de solutions pour conserver la station de ski, les espaces verts et l’utilisation des locaux à des fins communautaires. Il affirme être relativement optimiste.

Jean-Guy Dépôt, environnementaliste bien connu, et son fils Pierre, interviennent également au cours de la période de questions. Jean-Guy Dépôt a été président du CREE (Conseil régional de l’Environnement de l’Estrie) et il a siégé sur le Comité de parrainage de la relance de la station de ski du Mont-Orford. Ils sont représentatifs d’un courant d’opinion favorable à la fermeture de la station de ski pour des raisons environnementales aussi bien que fiscales.

Période de questions à la MRC de Memphrémagog sur les dossiers Orford et Montjoye. Questions : Hubert Simard, Jean-Guy Dépôt et Pierre Dépôt. Réponses : Gérard Marinovich, préfet et maire d’Eastman et Pierre Levac, maire du Canton d’Hatley. 2009-01-20

Qu’en est-il d’Owl’s Head, la troisième station de ski de la région ? Le maire Marcoux du Canton de Potton ne croit pas que la station de ski soit en difficulté et il ne confirme pas qu’elle est en vente. Son propriétaire, Fred Korman, est propriétaire et opérateur d’Owl’s Head depuis plus de 40 ans. Il détient un statut de légende dans le monde du ski. Octogénaire, il dirige encore cette station de ski de la manière conservatrice qui lui a permis d’éviter les écueils financiers. Il a été à la tête du groupe d’investisseurs qui a racheté la station de ski du Mont-Orford en 2000 pour 2 millions de dollars à la suite de la faillite de Fernand Magnan en 1998. André L’Espérance a progressivement pris le contrôle de l’entreprise et la relation avec Fred Korman s’est terminée par un conflit. Il a quitté en 2002. En 2006, il a contesté les chiffres avancés par André L’Espérance. Il affirmait que la station de ski était rentable et qu’il n’était pas nécessaire de bâtir des condominiums pour la rentabiliser.

Jeudi et vendredi...

Samedi : Dossier sur l’industrie du ski

La Tribune 2009-01-23 Avec la manchette en page couverture, La Tribune livre un dossier sur l’industrie du ski en Estrie en pages 4 et 5 sous la plume de Jean-François Gagnon. Le titre : À la croisée des pistes.

Les informations dans le dossier de La Tribune dépeignent une industrie en régression et sans véritable perspective de rentabilité autonome. La référence pour comprendre la situation de la station de ski du Mont-Orford demeure le rapport du Comité de parrainage publié en janvier 2009 par la MRC de Memphrémagog. Les principaux experts de l’industrie ont été consultés pour la production de ce rapport.

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Rapport Comité de parrainage MRC Memphrémagog

En 2010, le nombre de stations de ski serait passé à 76 comparativement au sommet de 116 en 1981. Il y a un an, le rapport de la MRC établissait le nombre de stations de ski à 80. Le déclin se poursuit. On attribue à Charles Désourdy , le propriétaire du centre de ski de Bromont, la prédiction que la réduction du nombre de stations de ski se stabilisera éventuellement au niveau de 50.

Les chiffres les plus importants pour évaluer la rentabilité des stations de ski sont les jours/ski, la mesure de l’achalandage. La Tribune présente un tableau de la fréquentation par région touristique pour la saison 2008-2009. Le tableau tiré d’une étude annuelle réalisée pour l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) démontre que les stations de ski des Cantons de l’Est récoltent 22,1% des jours/ski au Québec, comparativement à 32,5% pour les Laurentides et 16,9% pour Québec/Charlevoix.

Ce tableau cache une mauvaise nouvelle. Si on additionne le nombre de jours/ski pour chaque région, on obtient un total de 6 168 000 jours/ski. Le tableau [1] qui suit compare l’achalandage de l’ensemble des stations de ski du Québec au cours des dix dernières années, entre 1998 et 2008.

Jours-ski 1998-2008L’année 2007-2008, avec un achalandage de 7 064 000 jours/ski a été la 2ème meilleure de la décennie. Par contre, l’année 2008-2009 poursuit la pente descendante des années précédentes. La performance est inférieure à celle de 2006-2007 et le bilan de cette année démontre que seulement 42% des stations de ski ont réalisé des bénéfices nets.

Du côté des retombées économiques, on cite les données du rapport de la MRC pour la station de ski du Mont-Orford : 20 millions de dollars par an et 560 emplois. En référence à l’éventualité de l’impact des fermetures des stations de ski Montjoye et Mont-Orford, on met en évidence l’impact négatif sur la valeur des propriétés de la région.

Sous le titre Des modèles d’exploitation en tous genres, Jean-François Gagnon explore les modèles autres que ceux de l’entreprise privée traditionnelle. Avec la diminution de la rentabilité des stations de ski en dessous du seuil minimal pour attirer du financement privé, les solutions coopératives, à but non-lucratif ou municipales deviennent incontournables.

Déjà, 30 des 76 stations existantes au Québec ont recours à l’une ou l’autre de ces formules. La station de ski Monjoye a été la propriété d’une régie intermunicipale jusqu’à récemment. L’expérience s’est mal terminée par le désistement des partenaires. Il existe bien d’autres cas de figure. La Tribune aurait pu mentionner le projet de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford qui est prêt à déposer un plan d’affaires lorsque l’appel d’offres sera lancé. Mille membres ont payé 200$ pour se joindre à ce projet. On présente l’exemple de la station de ski du Mont-Gleason à Victoriaville. Selon la directrice Marilyne Arpin, « Un avantage qu’on a, c’est qu’on relève de la communauté. On est une histoire d’implication, de coeur et de passion. On a beaucoup de commanditaires. Les compagnies sont fières de s’associer à nous ».

Le dernier article de ce dossier fait état d’une conversation avec Alain Larouche, le directeur-général de Tourisme Cantons de l’Est. Ce dernier est engagé dans la promotion de l’industrie touristique de la grande région et de l’ensemble des stations de ski des Cantons-de-l’Est, dont Bromont et Sutton. Il constate la baisse d’intérêt pour le ski alpin et la diversification des activités de plein-air. Selon ce dernier, au lieu de tout polariser sur le centre de ski du Mont-Orford, il serait préférable de « placer le focus sur le parc national du Mont-Orford et le reste de l’offre touristique dans le secteur de Magog. »

C’est un fait que les milieux d’affaires de la région ne se sont pas adaptés à la transformation du Parc national du Mont-Orford d’un parc de récréation en un parc de conservation. Le statut de parc est considéré comme un obstacle au développement touristique au lieu d’être valorisé. La réintégration des 459 hectares de la station de ski à l’intérieur des limites du Parc national du Mont-Orford devrait permettre de tourner la page.

Alain Larouche souligne le potentiel de la station de ski d’Owl’s Head et se montre optimiste quant à son avenir. On apprend également que Fred Korman, le propriétaire octogénaire de la station de ski, n’est pas pressé de vendre. On le comprend. Il est bien placé pour sortir gagnant du processus de rationalisation des centres de ski en Estrie.

On tourne la page vers la semaine 47 du compte à rebours

[1LE PORTRAIT DE LA SAISON 2007-2008 DES STATIONS DE SKI ALPIN DU QUÉBEC Étude économique et financière des stations de ski du Québec. Les faits saillants sont disponibles sur le site de la Chaire de Tourisme Transat UQAM


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