Le compte à rebours se poursuit

Semaine 49, 2010-01-11

Spéculations sur l’avenir de Monjoye, l’ex-maire Poulin interpelle la région, le leadership des élus se fait rare
lundi 11 janvier 2010 par Hubert Simard

À la suite de la semaine 50

Synthèse : Retour des vacances, une lourde charge pour les nouveaux élus de la région

Au début de la semaine, l’annonce de la fermeture de la station de ski Montjoye, le 31 mars prochain, domine l’actualité. On essaie de comprendre les intentions du propriétaire, Serge Couture. Manifestement, il cherche à valoriser toutes ses options. La page Facebook « Contre la fermeture définitive du centre de ski Montjoye » recueille 3600 adeptes à la fin de la semaine. Une campagne virale efficace est en cours. Les messages des usagers contre la fermeture alternent avec les promotions de la station de ski.

Montjoye se dote d’un puissant outil de marketing pour améliorer sa rentabilité et pour mobiliser ses usagers si la direction décide de lancer une bataille pour sa survie. Une bonne fin de saison donnera de la valeur à ses actifs, s’il veut les vendre. Cette performance sur l’Internet, qui laisse croire à une initiative spontanée des usagers, peut se retourner contre le propriétaire si les usagers se sentent manipulés.

Le mercredi, au bon moment pour obtenir la meilleure couverture de presse, Marc Poulin lance sa rentrée politique, moins de trois mois après avoir subi une défaite qu’il n’avait pas prévue. Maîtrisant l’art de la nouvelle locale, il livre deux manchettes : celle de son retour sur la scène publique et celle d’une vision sur la relance du Mont-Orford. Même si sa proposition est diamétralement opposée à celle qu’il défendait en période électorale, elle a le mérite de mettre sur la place publique deux enjeux stratégiques :

Le politicien d’expérience a bien identifié le vide politique qu’il a lui-même contribué à créer en refusant de discuter de ces enjeux en période électorale. Le report d’une réponse claire au rapport de la MRC par la ministre Beauchamp est à l’origine de ce contretemps.

Le reste de la semaine a été passé à rechercher des réponses de la part des nouveaux responsables à la MRC et à la Ville de Magog. Le nouveau trio Gérard Marinovich, préfet de la MRC de Memphrémagog et maire de la ville d’Eastman, Vicki May Hamm, mairesse de la Ville de Magog et Pierre Bastien, maire de la municipalité du Canton de Magog ne s’est pas encore accordé sur une piste solution. Du bout des lèvres, ils manifestent une ouverture à une participation financière du « milieu » tout en s’entendant sur le rejet d’une solution de prise en charge de la gestion du centre de ski par la voie d’une régie intermunicipale. On est très loin d’une proposition concrète validée par les conseils municipaux.

L’ex-maire Poulin est libéré des calculs électoraux, des calculs budgétaires et de la reddition de comptes. Il peut maintenant se poser en champion de la relance de la station de ski du Mont-Orford. Vicki May Hamm marche sur des œufs tout en conservant une approche cohérente avec celle qu’elle a défendue en campagne électorale. Elle doit établir son leadership à l’échelle municipale et régionale et au niveau des relations avec les gouvernements.

Elle ne peut produire des déclarations fracassantes telles que prendre position en faveur de la fermeture de la station de ski Montjoye. Cette position forcerait les élus autour du lac Massawippi à défendre l’économie locale alors qu’ils fuient le dossier Montjoye.

Cette position laisse la place à deux modèles : le soutien à une organisation à but non lucratif telle que la Coopérative de solidarité du Mont-Orford ou à l’achat des installations par un opérateur du secteur privé avec le risque du démantèlement et du déménagement des remontées mécaniques. La mairesse fait état de discussions avec des gens d’affaires et avec les différents acteurs pour arriver à un plan de match plus précis.

La probabilité d’une réponse à la ministre Beauchamp au début février en vue d’un dépôt à la fin de février de l’appel d’offres harmonisé avec un programme régional est faible. (voir entrevue avec Marc Bellemare)

Orford et Montjoye ne peuvent poursuivre leurs opérations dans les conditions actuelles. La fermeture d’un centre de ski peut avantager l’autre. L’assistance des municipalités de la région peut faire la différence pour l’une ou l’autre ou les deux stations de ski.

Est-ce que les élus de la MRC vont prendre le risque de perdre les deux stations de ski en laissant le marché privé sanctionner les gagnants et les perdants ?

Est-ce que le maire Pierre Levac du Canton de Hatley va tenter de convaincre ses collègues d’ouvrir le dossier de Montjoye en même temps que celui d’Orford ? Ou est-ce que le Conseil des maires de la MRC va s’empresser de fermer la porte du dossier régional du ski à double tour en le renvoyant au gouvernement du Québec ?

Le comité administratif du conseil de la MRC s’est réuni cette semaine et l’assemblée publique aura lieu la semaine prochaine. Le préfet de la MRC devra faire état de la progression du dossier.

LA SEMAINE, EN BREF

Lundi 11 janvier, Montjoye se positionne

L’actualité de la semaine 49 débute avec la page 5 du Journal La Tribune (2009-01-11). Marianne Dandurand sonde les coeurs des skieurs de Monjoye, ce qui donne le titre « Les skieurs ne croient pas à la fermeture ». La menace de fermeture revient régulièrement et on finit toujours par trouver une solution.

On avance même l’hypothèse d’un coup de marketing de la part du propriétaire. Ce ne serait pas étonnant dans le contexte du bras de fer entre les centres de ski de la région et le gouvernement pour éviter que celui-ci favorise le Mont-Orford aux dépens de la compétitivité des autres centres.

De son côté, Jean-François Gagnon est en mode « avance rapide ». Il pose la question des réservations pour la prochaine saison au club de golf du Mont-Orford. La directrice de la station Mont-Orford et employée de Gestion Soroma, Brigitte Marchand, lui confirme avoir le mandat de la Sépaq pour prendre des réservations pour la prochaine saison. Le contrat de Gestion Soroma se termine au mois de juin et on ne sait pas s’il y aura un nouvel opérateur à ce moment. La question de la pré-vente des passes de saison pour la prochaine saison de ski va se poser bientôt.

Le gouvernement est coincé. Le processus de lancement de la vente des installations est tardif. La valeur du projet de relance va chuter si la prochaine saison de golf et celle de ski sont compromises ou dans une situation tellement incertaine que la clientèle commence à regarder ailleurs. Le gouvernement du Québec n’a pas fini de payer des factures.

Mardi 12 janvier « On sauve quelle station cette semaine ? »

Poussée de fièvre médiatique sur les enjeux de l’industrie du ski en Estrie avec le dossier Montjoye.

Contre la fermeture de MontjoyeEn page 5 de La Tribune, l’article de Claude Plante titre « La fermeture éventuelle de la station Montjoye trouve écho sur Facebook » Une page a été créée avec le titre « Contre la fermeture définitive du centre de ski Montjoye ». La page se fait l’écho des nouvelles et des promotions de la station de ski. À midi, la page compte 2 268 abonnés. Qui est responsable de cette initiative ? Au début de la journée un animateur dont la page personnelle indiquait qu’il est employé de Ski St-Bruno, autre propriété de Serge Couture, semblait agir comme administrateur. Les traces de cette personne sont disparues dans le courant de la journée. La question se pose. Est-ce que Serge Couture annonce la fermeture pour mieux préparer la relance et pour obtenir des conditions aussi favorables que celles qui seront faites à la station de ski du Mont-Orford ?

La chronique de Luc Larochelle « Ski Académie », sur la même page 5 de La Tribune, soulève les questions de fond sous l’angle du déjà vu : « On sauve quelle station cette semaine ? ». Il rapporte l’affirmation du propriétaire de Montjoye « La population de la région n’est pas assez nombreuse pour supporter trois centres de ski : Montjoye, Bellevue et Orford ».

D’autres médias reprennent la nouvelle de la fermeture dont SkiPressWorld.com et Radio-Canada. De son côté le Journal de Sherbrooke, sous la plume de Ghislain Allard, publie un article dont le titre est : « Montjoye : l’acheteur a toujours eu l’intention de revendre ». Son plan aurait été clair dès le départ. Il cherchait un partenaire financier ou quelqu’un pour prendre en charge la station de ski. Personne ne s’est montré intéressé. Il offre la station de ski au Canton d’Hatley qui pourrait utiliser les installations pour des fins municipales. Sinon il vend la station en pièces détachées. « Il ne reste que 80 jours, poursuit-il. Le tic-tac se fait entendre de façon de plus en plus pressante. Au moment où on se parle, je regarde les offres de toutes parts pour vendre la station en pièces détachées. Je prendrai une décision le 31 mars »

Mercredi 13 janvier L’ex maire Poulin change de position sur le financement régional de la relance de la station de ski du Mont Orford

Il fait la première page de La Tribune, en marge du tremblement de terre d’Haïti, sous le titre « Station Mont-Orford, L’ex-maire de Magog presse les municipalités d’investir dans la relance ». Il occupe, également, toute la page 2.

Essentiellement, il souligne la participation de Magog dans d’autres projets, il appelle les autres municipalités qui bénéficient des retombées du centre de ski à s’impliquer financièrement, il préconise une redevance du secteur commercial, via la taxe sur les nuitées et il demande au gouvernement fédéral de faire sa part. Manifestement, le message à l’effet que le gouvernement du Québec a déjà donné est passé.

Après avoir soutenu, puis abandonné Monjoye via la régie intermunicipale, il prend une position claire en faveur de la fermeture de Montjoye. Cette position rejoint certaines affirmations, notamment, de Serge Couture, actuel propriétaire de Montjoye à l’effet qu’un transfert de clientèle de Montjoye à Mont-Orford fait partie de la solution de conservation de la pus importante station de ski de la région.

Marc Poulin se positionne comme éventuel émissaire de la région auprès du gouvernement du Québec. On peut sortir le maire de l’administration de la Ville de Magog, mais Marc Poulin a Magog tatoué sur le coeur et il est difficile pour lui de laisser la place après avoir investi le meilleur de sa vie dans la valorisation de Magog.

Il demeure qu’il est responsable de l’opposition régionale à la participation au financement transmise dans le rapport au gouvernement du Québec qui fait foi de consensus régional. Le lancement de l’appel d’offres est retardé pour donner une dernière chance à la région de faire sa part pour la relance.



Entrevue avec Marc Poulin sur le dossier du Mont-Orford, en campagne électorale, octobre 2009. Enregistrement complet de l’entrevue 58 min.

La question qui se pose maintenant est : où est Vicki May Hamm, la nouvelle mairesse de Magog ? Celle-ci a exprimé une position favorable à la participation régionale en campagne électorale. Elle devra prendre une position plus concrète au cours des prochains jours. Le premier conseil municipal est prévu pour le 18 janvier et le premier conseil de la MRC suivra, le 20 janvier.

Roger Laroche diffuse également cette nouvelle sur son Carnet du ski.

Jeudi 14 janvier : À la recherche d’un leadership de la part des élus de la région

Pour faire suite à la manchette de la veille, Jean-François Gagnon de La Tribune, en page 13, part à la recherche de commentaires sur la déclaration de l’ex-maire Poulin.

Le nouveau préfet, Gérard Marinovich ne veut pas envisager la participation financière des municipalités : « On cherche d’autres solutions ». Pierre Bastien ouvre la porte avec précaution en mettant de côté le recours à la taxe générale qui affecterait les moins bien nantis. Une taxe commerciale lui semble plus équitable. Il juge irréaliste l’idée de Marc Poulin de faire appel au fédéral. Du côté de Magog, c’est le président de la Commission des finances, Jacques Laurendeau, qui donne une réponse. Prudent, il veut voir le contenu de l’appel d’offres avant de se prononcer. La mairesse Vicki May Hamm n’était pas disponible ?

Vendredi 15 janvier : Marc Poulin prend toute la place dans le Reflet-du-Lac

Dany Jacques a participé à la même rencontre de presse avec l’ex-maire Poulin. Le Reflet-du-Lac est publié de porte en porte dans la région le jeudi soir avec le Publi-Sac. C’est la principale source d’information pour les villégiateurs qui n’ont pas accès à La Tribune durant la semaine. Contrairement à La Tribune, les textes sont entièrement accessibles sur le site du journal.

Marc Poulin, page couverture du Reflet-du-LacMarc Poulin occupe la page couverture, la page 3 et la page 4. Il est rare qu’on donne autant de place à un politicien dont le mandat n’a pas été renouvelé. Le politicien d’expérience occupe-t-il un vide politique ?

En page 4, dans l’article de Dany Jacques intitulé Prêt à sacrifier Montjoye pour aider Orford, la citation suivante exprime son volte-face « J’ai déjà dit que les villes n’avaient pas à gérer des parcs, mais il n’y a que les fous qui ne changent pas d’avis. On doit faire notre mea culpa et cesser de toujours demander au gouvernement de prendre des décisions ». Il considère maintenant la station de ski comme d’autres investissements qui ont bénéficié de la contribution de la Ville de Magog tels que certaines usines, le futur complexe sportif de La Ruche et les installations de LAMRAC.

Ce n’est pas son premier volte-face dans ce dossier. On lui doit également l’initiative d’avoir engagé la région dans le consensus contre le développement immobilier sur le Mont-Orford.

En page 11 du Reflet-du-Lac on retrouve l’article Canton de Hatley n’achèrera pas Montjoye auquel on référait à la semaine 49. Dans ce cas, il y a eu un décalage d’une semaine entre la nouvelle diffusée en ligne et la publication de la version papier du journal.

Samedi 16 janvier, le point de vue de Vicki May Hamm

La Tribune du samedi nous livre l’opinion de Vicki May Hamm, nouvelle mairesse de la Ville de Magog. Alors que l’ex-maire de Magog, Marc Poulin, interpelle l’ensemble de la région sur les dossiers des stations de ski Mont-Orford et Montjoye, la mairesse Hamm avance avec beaucoup de réserves.

Elle affirme que « Le milieu doit contribuer à la relance de la station Mont-Orford ». Elle élimine une première piste de solution, celle de la régie intermunicipale. La Ville de Magog ne s’impliquera pas dans la gestion du centre de ski du Mont-Orford comme elle s’est déjà engagée dans la régie intermunicipale de la station de ski Montjoye. Cette expérience a été négative, elle s’est terminée par la vente au rabais à l’actuel propriétaire, Serge Couture.

On tourne la page vers la semaine 48 du compte à rebours.


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