Stations de ski écoresponsables : les critères

vendredi 22 janvier 2010 par Hubert Simard

Dans le cadre des initiatives de relance des stations de ski, la réduction des impacts environnementaux doit être considérée au même titre que les aspects économiques. Mont Giroux, photo MDDEPLe temps est passé où on pouvait dynamiter une section de montagne pour assurer le confort des skieurs. La réparation des erreurs passées est à l’ordre du jour, tout comme la prévention de nouveaux impacts.

En ce qui concerne le Mont-Orford, sa présence à l’intérieur, ou même à l’extérieur, du Parc national du Mont-Orford commande une attention particulière. La réintégration des 459 hectares n’est pas le seul enjeu environnemental. Une station de ski constitue une utilisation intensive d’un milieu naturel et, en ce sens, cette pratique n’est pas compatible avec une vocation de conservation. Une partie du débat sur la station de ski du Mont-Orford porte sur la valeur environnementale du domaine skiable existant. La Loi sur les parcs, qui sert d’encadrement à la gestion des parcs nationaux, a pour mission la conservation intégrale des écosystèmes. On ne permet l’utilisation des espaces que pour des fins de loisirs à faible impact.

Les promoteurs du développement économique font valoir que la réintégration des terres à l’intérieur du parc sera un handicap pour la relance de la station de ski.

Le fait est que l’industrie du ski n’échappe plus aux exigences du virage environnemental qui touche l’ensemble des activités humaines. Qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur d’un parc, les stations de ski sont sous surveillance. Si on se donne une vision d’ensemble, on constate, du côté américain, que la population de skieurs stagne ou diminue depuis 20 ans tandis que le domaine skiable a doublé et que de nombreuses stations de ski ont fermé leurs portes. Du côté du Québec, il y a déjà eu 116 stations de ski. Il en reste 80 et certains anticipent que ce nombre reculera au niveau de 50 stations de ski. Les perspectives à long terme ne vont pas dans le sens de l’augmentation de la demande. Une gestion saine de l’environnement commande qu’on arrête la consommation de milieux naturels pour la pratique de ce sport et qu’on rationalise la mise en valeur des installations existantes.

Sommaire des critères du Ski Area Citizen’s Coalition

Examinons la grille du Ski Area Citizen’s Coalition. Cette coalition compte un bon nombre d’organisations environnementales de la côte Ouest américaine et canadienne. Les animateurs de ce projet sont à la fois skieurs et environnementalistes. Ils valorisent la pratique du ski tout en cherchant à faire évoluer les intervenants publics et privés, dans ce domaine, vers des pratiques écoresponsables.Tous les détails sont disponibles sur le site de Ski Area Citizen’s Coalition

  • Protection de l’habitat (104 Points)
    • Maintien du domaine skiable à l’intérieur de l’empreinte écologique existante (30 points)
    • Préservation des terres non-détériorées du développement (31 points)
    • Protection ou maintien des espèces menacées, en voie de disparition, fragiles ou potentiellement en danger ainsi que leur habitat (22 points)
    • Préservation des secteurs fragiles sur le plan environnemental (21 points)
  • Protection des bassins-versants (35 Points)
    • Protection et préservation des milieux humides (9 points)
    • Protection de la qualité de l’eau (12 points)
    • Conservation de l’eau (14 points)
  • Gérer les aspects de changement climatique (50 Points)
    • Conservation de l’énergie en évitant d’accroître la production de neige artificielle (10pts)
    • Énergie renouvelable (17 points)
    • Efficacité énergétique (14 points)
    • Transport (9 points)
  • Politiques et pratiques environnementales (41 points)
    • Positions sur les politiques environnementales et représentations (17 points)
    • Réutilisation, recyclage et compostage (9 points)
    • Politiques d’achat (8 points)
    • Rapports et analyses environnementales et reddition de comptes (5 points)
    • Développement durable (2 points)

Total Possible = 230 points

Les interventions du Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs (MDDEP)

Le MDDEP connaît les problèmes depuis longtemps. Il y a bien des années, avant que le statut de parc de conservation soit attribué au Parc national du Mont-Orford, des travaux lourds, notamment de dynamitage, ont été autorisés. Le gouvernement du Québec reconnaît sa responsabilité et ils s’est engagé dans un programme de réhabilitation des composantes naturelles présentes sur le domaine skiable et le terrain de golf.

Ce programme améliore le pointage de la station de ski du Mont-Orford. La réintégration des terres à l’intérieur du Parc national du Mont-Orford fera la différence entre une station performante sur le plan environnemental et une dernière de classe. Il y aura encore bien des aspects à gérer de manière éco-responsable dont la neige artificielle et les impacts sur les bassins-versants.

Le projet de relance devra faire l’objet d’un examen détaillé et la grille d’analyse du Ski Area Citizen’s Coalition constitue un bon point de départ.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 686 / 73696

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Articles   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License