Infolettre Mont-Orford, la saga
25 mars 2010

Québec met cartes sur table : la vente est lancée

On attendait ce moment depuis des mois. La rumeur d'une nouvelle loi est apparue sur Twitter la semaine précédente. Mardi le 23 mars, la ministre Line Beauchamp a déposé simultanément le projet de loi et l'appel d'offres, puis, elle s'est rendue au Centre d'Arts d'Orford pour répondre aux questions. Depuis ce moment on cherche à comprendre la portée des décisions qui sont prises par le gouvernement et comment le milieu va réagir aux changements.

Hubert Simard
Journaliste indépendant

sondageLe sondage de Radio-Canada

Anticipant l'intérêt pour le dossier du Mont-Orford, Radio-Canada a commandé un sondage auprès de la population des municipalités de Magog, d'Eastman et du Canton d'Orford. Le sondage, publié le lundi 22 mars, révèle l'ambivalence de la population. Seulement 32 % des résidants utilise les installations de ski et de golf. On s'oppose, à 69 %, à la fermeture, même en l'absence de rentabilité, mais, on s'oppose tout autant, à 65 %, au projet de taxe pour financer le fonds de relance.

Détails et vidéo ->>

Le mardi 23 mars : grande fébrilité médiatique

Yves Chartrand, de Rue Frontenac (Journal de Montréal en grève), a obtenu le scoop la veille. Il met en ligne un article sous le titre « Québec rétrocède 459 hectares au parc national du Mont-Orford ». Le matin, avant le dépôt de la loi, La Tribune fait la une avec le titre « Les jeux sont faits » La conférence de presse de la ministre Beauchamp est calculée de manière à pouvoir rejoindre l'audience du bulletin régional de 18h00.

Le bulletin de Radio-Canada Estrie de 18h00 porte sur trois nouvelles reliées au dossier d'Orford : l'annonce de la ministre Beauchamp, la partie du sondage de Radio-Canada sur le projet Vertendre et l'annonce de la femeture de ski Monjoye.

Détails et vidéo des reportages de Radio-Canada Estrie ->>


zone 30Tel qu'anticipé par les médias et par Mont-Orford, la saga, le fait saillant de la législation est la réintégration des 459 hectares. La loi mandate la ministre pour procéder à la vente des bâtiments et équipements utilisés pour l'exploitation du centre de ski et du terrain de golf par la voie d'un appel d'offres.

Au cours de la conférence de presse, la ministre Beauchamp précise les conditions de la vente : 1 $ et une caution de 4 millions $ dont le remboursement est conditionnel à l'opération des installations pendant au moins 5 ans.

Pour bien faire comprendre qu'il n'y a aucune chance que le gouvernement reprenne l'opération des installations, la loi prévoit l'obligation de démantèlement des installations si la relance n'est pas réussie.

Les détails de la loi et la vidéo intégrale de la conférence de presse - >>
Fonds de relance : non à une hausse de la taxe de vente


Les élus de Magog, d'Eastman et du Canton d'Orford ont mis l'épaule à la roue en relation avec les milieux d'affaires de la région pour trouver un moyen d'assurer la contribution de la région à la relance de la station de ski. Ils sont tombés d'accord sur une hausse de 0,25 % de la taxe de vente sur le territoire de leurs municipalités.

La taxe de vente est un champ de taxation réservé aux gouvernements supérieurs. La ministre répond par un non sans appel sur le moyen retenu. Elle prend bien soin de féliciter les intervenants pour leur empressement à trouver une solution de financement.

Elle exhorte les représentants de la région à poursuivre leurs réflexions. Elle donne l'exemple de Mont-Tremblant. Lorsqu'une solution recevable par le gouvernement aura été identifiée, les élus devront préparer un projet de loi privé qui sera présenté à l'Assemblée nationale par le député Pierre Reid.

La balle est de retour dans le camp de la région. Les soumissionnaires n'auront pas l'assurance d'avoir accès au fonds de relance avant de déposer leur propositions.

Le dossier de la contribution du milieu ->>

SOS Parc Orford : le gouvernement doit défendre sa loi

La coalition SOS Parc Orford se sent tout près du but de la réintégration des terres mais, elle se retient de célébrer la victoire après quatre années d'une lutte citoyenne en environnement qui aura marqué l'histoire du Québec.

Questionnée sur les enjeux du développement immobilier et des remontées mécaniques entre les projets immobiliers en périphérie et le Mont-Orford, la ministre Beauchamp a ouvert une porte à la présentation de propositions en commission parlementaire. Le projet de loi ne retient que les consensus et le projet de monorail de Vertendre soulève des objections. La mairesse de Magog et présidente du CLD, Vicki May Hamm, a affirmé qu'elle défendrait le dossier des remontées mécaniques en commission parlementaire.

Détails et vidéo de la conférence de presse de SOS Parc Orford - >>

Les acheteurs éventuels

On connaît l'intérêt de la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, fondée en 2006, pour la prise en charge des installations de la station de ski et du terrain de golf. Pour le moment, la coopérative n'a d'autres moyens que la contribution de ses membres. Elle devra trouver rapidement une source de financement capable d'endosser la caution de 4 millions $ exigée par l'appel d'offres.

Alain Chagnon, le promoteur du projet immobilier Vertendre se dit intéressé par l'opération de la station de ski, un gage de succès pour son projet immobilier de 750 condos et d'un hôtel au sommet du mont Sylvio Lacharité. Des gens d'affaires font pression pour qu'il fasse alliance avec la coopérative. Selon le sondage de Radio-Canada, son projet divise la population mais 75 % des répondants soutiennent l'idée d'alliance avec la coopérative. Ses capacités financières ne sont pas connues publiquement.

Charles Désourdy, le propriétaire de la station de ski Bromont évalue l'appel d'offres mais il attend les états financiers avant de se prononcer. Au cours des années passées, il s'est intéressé aux deux derniers appels d'offres sur la station de ski du Mont-Orford. Il avait alors évalué que la rentabilité n'était pas accessible.

André l'Espérance, le dernier opérateur de la station de ski et du terrain de golf étudie également l'appel d'offres. Il est propriétaire de terrains en périphérie de la station de ski et il pourrait demander l'autorisation d'une chaise d'accomodement. Il poursuit le gouvernement pour un montant de l'ordre de 20 millions $ à la suite de la rupture du contrat de gestion. Dans ce contexte, il serait étonnant que le gouvernement lui cède les installations pour 1 $.

Détails et reportage vidéo de TVA sur les acheteurs ->>

Le calendrier

Les soumissions devront être déposées au plus tard le 28 mai 2010. D'ici là, une commission parlementaire étudiera le projet de loi, qui devra être adopté avant la limite de réception des offres. Selon la ministre Beauchamp, la décision sera rendue au cours du mois de juin.

Entretemps, les installations seront gérées comme s'il devait y avoir une saison 2010-2011.

Les sites Mont-Orford, la saga et Southière, le webzine ainsi que l'infolettre sont ÚditÚs par Hubert Simard.

40 des Ormes - Magog - J1X 5W3 - 819 432-4102